Chaleur remarquable. Une activité cyclonique qui va conditionner le temps sur nos massifs.

     Depuis ce week-end, les températures sont à nouveau estivales. Comme on avance dans la saison, et que les nuits sont claires et sans vent, cela n'empêche pas d'observer de fraîches températures nocturnes dans les creux (inversions avec air beaucoup plus doux en altitude). Ce dimanche, on a relevé par exemple +6,1°C à Laqueuille (930 m) à 5h51, contre +25,2°C à 17h55. Il s'agit d’ailleurs de la température maximale provisoirement la plus élevée pour le mois de septembre.

 

 Le puy de Dôme vu depuis Laqueuille le 9 septembre 2018.

 

     Les températures maximales vont atteindre des niveaux encore plus élevés dans les prochains jours avec un pic de chaleur mardi ou mercredi. On s'attend aux valeurs maximales suivantes (qui pourront encore être ajustées d'1 à 2°C tout au plus) :

 

+18/+19°C au sommet du puy de Sancy

 

+23/+24°C au sommet du puy de Dôme

 

+27°C vers 1000 m

 

+33°C dans la plaine de la Limagne

 

     Mais nous serons encore loin des records de septembre 1987 où on relevait (données Météo-France) :

 

+36,8°C à Clermont-Ferrand/Aulnat (331 m) le 16

+32,5°C à Gelles (785 m) le 17

+31,5°C à Tauves (852 m) le 16

+30,2°C à Besse-et-Saint-Anastaise (1050 m) le 17

+27°C à Super-Besse (1285 m) le 17

 

     Toutefois, on se focalise trop souvent sur les records pour caractériser le climat. Effectivement, il a fait plus chaud par le passé, mais ce qui compte surtout au cours de l'évolution des dernières années, c'est la persistance et la répétition des anomalies positives de températures, sans forcément toujours battre des records... !

 

     A noter qu'en raison d'un vent encore remarquablement faible, des nuits claires et relativement longues, on pourra continuer d'observer des températures très contrastées le matin selon les espaces (inversions) avec localement des minimales inférieures à +10°C (+5°C ?) dans les creux (accentuant l'amplitude thermique quotidienne), et supérieures à +15°C sur certains versants et sommets baignant dans la masse d'air chaud pendant ce temps-là. Explications ici.

 

Prévision de la pression mer et du géopotentiel 500 hpa pour mardi - modèle GFS - www.meteociel.fr

 

     Ensuite, l'évolution globale est assez bien cernée mais la prévision du temps sensible est très incertaine : mercredi le flux s'oriente au sud-ouest, on pourra observer des bancs de nuages élevés et de l'étage moyen et éventuellement un risque orageux d'ici la soirée. Les jours suivants, avec l'arrivée d'air plus froid à l'étage moyen mais le maintien d'air assez chaud dans les basses couches, des évolutions orageuses sont possibles, sans qu'aucun scénario précis ne soit possible pour le moment.

 

     A partir de dimanche environ, il faudra surveiller le comportement du futur ex-cyclone Hélène qui risque de conditionner le temps attendu. En effet, Hélène pourrait remonter vers de hautes latitudes, en direction du Groenland, entrainé dans le sillage de Florence, remontant peut-être lui aussi en provoquant une très violente tempête sur le Québec ?

 

     Avec l'impulsion d'air chaud subtropical et anticyclonique qu'il drainerait à l'avant, Hélène permettrait alors à de l'air froid dépressionnaire de débouler sur le pays en début ou milieu de semaine prochaine. Mais étant donné que le comportement des systèmes tropicaux est difficilement cerné par les modélisations, d'autres scénarios sont encore possibles... D'ailleurs, tant que l'air froid n'aura pas décidé de s'engouffrer sur le pays, on pourrait assister à une poursuite de remontées d'air remarquablement chaud ! Puis, si cet air froid décide de s'isoler sur le sud-ouest de l'Europe, on risquerait d’observer des épisodes d'intenses précipitations au sud du pays. Bref, malgré les incertitudes, après la chaleur des prochains jours, on assistera à pas mal d’agitation météo que ce soit en Europe ou en Amérique.

 

 Prévision de la pression mer et du géopotentiel 500 hpa pour le 17/09 - modèle GFS - www.meteociel.fr

 

     Auparavant, on surveillait Florence, mais ce cyclone devrait impacter sur la côte est américaine, risquant d’ailleurs de causer d'importants dégâts (cyclone de catégorie 3 ou 4 en atteignant la côte), sans menacer l'Europe sous la forme d'une tempête extra-tropicale.

 

     Du point de vue de la prévision, les prochains jours s'annoncent passionnant car en ce mois de septembre où les extrêmes s'exacerbent, on verra des scénarios qui changeront radicalement au fil des actualisations. Ainsi, un conseil à l'heure de la publication de cet article : il est inutile de consulter des prévisions au-delà de mercredi/jeudi car elles évolueront forcément, surtout dans un contexte d'éventuelles menaces orageuses et des fortes incertitudes au niveau général au-delà du week-end. Ne pas confondre précision et fiabilité : une prévision heure par heure dans 8 jours n'a absolument aucun sens.

 

Un dernier point : on rappellera les conditions que l'on observait le 17 septembre de l’année dernière... ;) :

 

 

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