Le concept de Météovergne : prévoir et comprendre.

La voiture Météovergne équipée d'une sonde thermomètre/hygromètre sous abri blanc normalisé et d'un anémomètre.

Les prévisions et analyses pour le massif du Sancy et la chaîne des Puys sont réalisées par un prévisionniste passionné.

 

D’innombrables prévisions automatisées (non interprétées par un prévisionniste), qui se veulent "précises" mais non fiables car non justifiées, circulent sur Internet, tablettes et smartphones. Les prévisions télévisées sont trop vagues pour nos massifs. Elles sont souvent erronées car elles ne prennent en compte ni le contexte local (ici la montagne où le vent, la température,... varient fortement dans le temps et dans l’espace), ni des situations particulières qui ne peuvent être perçues que par un prévisionniste. Pour en savoir plus, à partir d'un exemple précis, cliquez-ici.

PRÉCISION ≠ FIABILITÉ

Le but de Météovergne est de fournir des prévisions expertisées à tous les passionnés/pratiquants d’activités extérieures en considérant l’ensemble des spécificités de nos massifs. Elles ne sont pas infaillibles et tout écart de prévision est ouvertement expliqué de façon pédagogique. Nous nous efforçons donc de vous offrir des prévisions en tenant compte des dernières évolutions de la situation et en privilégiant la transparence.

Autant le rappeler tout de suite, la météorologie est une science inexacte. Les puissants calculateurs existants dans le monde, qui produisent des modèles numériques de prévisions météorologiques, ne peuvent pas, aujourd’hui en tout cas, de manière certaine, prévoir si une averse tombera à tel endroit à tel heure, même quelques heures à l'avance.

Les données des modèles de prévisions sont disponibles sous forme de différents supports (cartes, coupes, sondages,...). Il s’agit de scénarios de simulation de l’atmosphère. Des supercalculateurs intègrent un maximum de données : topographie, observations météorologiques (stations météo, images satellites, radiosondages,…). Puis de complexes équations permettent de montrer ce que deviendra l’atmosphère dans les prochains jours. Évidemment, plus l’échéance est lointaine, plus la fiabilité faiblit car on fait simuler l’atmosphère selon des données elles-mêmes simulées !

Il existe des supercalculateurs dans de nombreux pays. En France, Météo-France dispose des modèles ARPÈGE/AROME. La Grande-Bretagne a développé le modèle UKMO (UK Met Office), les États-Unis, le modèle GFS (Global Forecast System) pour ne citer que ceux-ci. Vous pouvez consulter un bon nombre de ces modèles ici. Le prévisionniste doit ensuite comparer ces modélisations, mises à jour en général toutes les 6 à 12h, choisir le scénario le plus probable en cas de désaccord : ce travail demande ainsi de prendre des décisions avec des données parfois très volatiles et des écarts entre les actualisations qui peuvent "bousculer" les prévisions initiales...

Les prévisions heures par heures disponibles un peu partout utilisent ces données brutes. Ainsi, en plus de ne pas être expertisées, elles sont malhonnêtes, car les techniques actuelles ne permettent pas d’affirmer sans fiabilité hasardeuse, "orage à 15h, mais soleil à 16h".

 

C’est pourquoi, nous estimons qu’il est avant tout essentiel de comprendre la situation globale à venir, d'offrir des prévisions affinées à 48h, plutôt que de chercher à tout prix d’établir une prévision extrêmement précise sur 15 jours qui serait beaucoup trop hasardeuse et volatile au fil des actualisations.

Météovergne recherche avant-tout à expliquer/justifier le scénario retenu. Les pictogrammes météo sont trop réducteurs et souvent mal interprétés. Leur présence doit soulever d'autres questions. Exemples :

CONTEXTE 1 : Mer de nuages.

Plafond nuageux ? Versants concernés ? Évolution de ces nuages ?

CONTEXTE 2 : Perturbation active.

Fluctuations de la limite pluie/neige ? Quantités attendues ? Vitesse du vent (accumulations...)

Autre exemple, qui va dans le même sens  : les averses, giboulées, orages et autres ondées sont des phénomènes locaux qui se forment souvent sur place ou presque, notamment l'été, ou alors qui vont notamment s'organiser sous forme de lignes. Lorsque ces phénomènes sont prévus, il y a souvent beaucoup de frustration ou d’incompréhension. Voir un pictogramme avec nuage-pluie-soleil qui symbolise un risque d'averses sur un bulletin météo n'indique pas qu'il pleuvra forcément. Il est aujourd'hui impossible, malgré ce que voudrait laisser entendre certaines prévisions qui se veulent ultraprécises avec des données heure par heure, de prévoir quels espaces restreints seront soumis à ces phénomènes à une heure donnée, et ce même 24h à l'avance.

Il faut avant tout retenir que la prévision expertisée, telle que celle proposée par Météovergne, évoquera un "risque" qui sera qualifié selon les situations. Exemples : "averses fréquentes", "averses plus nombreuses et continues sur les versants ouest", "faible risque d'une averse isolé", "de manière locale et ponctuelle, une averse, voire un orage pourront se former en fin de journée"...

Ainsi, même à l'échelle de nos massifs, lorsque ces phénomènes sont prévus, le temps peut-être très différent d'un espace à l'autre : certains pourront rester au sec tout au long de la journée alors que d'autres auront subi une ou plusieurs fortes averses.

Ce fut par exemple le cas le 1er juin 2017 où des averses orageuses peu mobiles ont déversé près de 40 mm de pluie en moins de 2-3h à proximité du Mont-Dore (torrents en crue), alors qu'il n'était tombé que 0,2 mm pendant ce temps-là à Laqueuille à 15 km de distance à vol d'oiseau ! Et les distances sont souvent beaucoup plus réduites...

Ces exemples montrent à quel point on ne peut se permettre de consulter des prévisions limitées à de simples pictogrammes (parfois le même pour la journée, ce qui est une aberration au regard de la rapidité des changements de temps en montagne, sauf conditions très calmes). Météovergne a donc à cœur de justifier le temps prévu sous forme d'un texte afin de montrer le/les:

CONTEXTE - ÉVOLUTIONS - INCERTITUDES

Ce dernier point, qui demande de l'humilité et de l'honnêteté de la part du prévisionniste, est important. L'organisme national de prévisions est souvent critiqué pour des "vigilances orange" concernant les orages, qui finalement ne surviennent pas. Le potentiel est justifié dans l'ensemble mais il arrive souvent que ce risque aurait pu être qualifié de "très incertain" ou limité à un secteur d'un département par exemple. Expliquer davantage permettrait ainsi de rappeler que les incertitudes existent.

 

Malgré des progrès considérables dans les prévisions avec des modèles de plus en plus fins et intégrants de plus en plus de paramètres, il n’est aujourd’hui pas possible d’établir une prévision fiable à 100%.

 

Les services de prévisions sont souvent critiqués lorsque des tendances sont proposées : "déjà qu'ils ne savent même pas prévoir pour le jour-même, alors dans 15 jours... !". Et pourtant il faut différencier prévision météo et tendances. Oui, un ciel peut finalement rester couvert ou les orages peuvent être absents contrairement aux prévisions, mais on peut parfois anticiper un changement de temps tel qu'une vague de froid, 10 jours à l'avance, voire davantage ! D'une manière générale, en montagne, sauf temps très anticyclonique et durable, au-delà de 2-3 jours, on doit parler avant tout de tendances et non pas de prévisions : raison de plus pour laisser tomber les prévisions heures par heures car la déception serait très probable...

Autre exemple, imaginons qu’au mois de février, un flux de nord-ouest froid et humide apparait clairement fiable d'ici 10 jours. Pour l’Auvergne, cela voudra dire de la neige en montagne voir en plaine, avec une bonne fiabilité. Mais la question de la limite pluie/neige précise et des quantités attendues ne pourra être affinée que quelques jours, voire quelques heures à l'avance.

Un exemple de l’étroitesse de l'isotherme 0°C. Cette photo prise sur les pentes du Puy de la Coquille en décembre 2013 montre la limite de la tenue de la neige à quelques mètres plus haut seulement de l'emplacement de l'observateur.

Vous l’aurez peut-être remarqué en montagne, lorsque l’on monte en altitude, la limite entre la pluie et la neige et surtout sa tenue au sol et/ou sur les arbres est très nette (cela se joue à quelques dizaines de mètres voir quelques mètres !). Cette prévision doit-être soignée et justifiée car quelques dixièmes de degrés d’écart suffisent à transformer la prévision d’une ambiance hivernale en une banale perturbation pluvieuse…

 

Météovergne se veut ainsi plus qu’un site de prévisions. L'objectif est aussi, à travers les prévisions et observations, de favoriser la connaissance et la compréhension des phénomènes météorologiques complexes à l’œuvre dans nos massifs.

 

Aussi, nous souhaiterions faire évoluer les mentalités et en finir avec toutes ces idées reçues sur la météo qui circulent au sein de notre société, véhiculées notamment par les actualités scientifiques peu rigoureuses de nos médias. On peut citer par exemple le cas des "mini-tornades", néologisme totalement absurde créé par les médias mais repris par les non-initiés. On parle de tornade ou de violentes rafales à l’avant d’un orage. Cela peut paraître étrange de vouloir se battre contre ce mot, mais prévoir et prévenir un risque, c’est avant tout le connaître. Ce terme est un peu le symbole du manque alarmant de culture météorologique de notre société, dans un contexte où les phénomènes risquent de s’aggraver.

 

De même, on peut citer le cas d'un thermomètre situé en « plein-vent » qui ne montrera pas une température plus basse qu’un même thermomètre situé sous un abri météo au même endroit. C’est le corps humain, qui sous l’action du vent, nous fait ressentir une sensation de froid plus intense. On parle de température ressentie. De plus, fréquemment en montagne, on assiste à des inversions de température, avec une température bien plus douce sur les crêtes que dans les vallées et sur les plateaux. Dans cette situation, c'est justement l'absence de vent qui favorise la chute des températures dans les creux abrités, alors que la douceur sur les sommets est souvent plus ventée ! A ce titre, même de nombreux "anciens" interprètent très mal le rôle du vent...

L’atmosphère, et plus particulièrement la troposphère (couche de l’atmosphère située entre la surface et environ 12 km d’altitude où se déroulent les phénomènes météorologiques) est un espace en éternel mouvement et influencé par des facteurs variables et hétérogènes (urbanisation, relief, forêts, champs agricoles, océans…). De ce fait, toute prévision demande sans cesse à être affinée, améliorée, et il est souvent essentiel de recourir à de la prévision à très court-terme.

Extrait du modèle AROME - Altitude géopotentiel et vent à 1,5 P.V.U - www.meteociel.fr

Le bulletin expertisé de prévisions à 48h (& tendances) est la base de l'activité de Météovergne. Ce travail, qui démarre entre 5h et 7h du matin, demande environ 1h30 d'analyse d'observations et d'interprétations des modèles numériques évoqués plus haut. Ainsi, grâce à l’activité du site, de la page Facebook et de l'application, un prévisionniste référent et disponible vous tient informé des conditions et des évolutions attendues sur nos massifs. C'est cette valeur ajoutée qui différencie Météovergne de la très grande majorité des services de prévisions automatisées, et autres prévisions décalées de la réalité des conditions des crêtes du Sancy notamment, où les guides vous le diront : elles s'apparentent fréquemment à ce que l'on rencontre vers 3000 m dans les Alpes !

Le drone Météovergne permet de conforter les observations avec des photos et vidéos inédites en haute définition.

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