Vers une sécheresse record en octobre ?

 Coucher de soleil depuis les crêtes du Sancy le 13 octobre 2017.

 

Au 24 octobre, la pluviométrie mensuelle est largement déficitaire, que ce soit sur nos massifs ou en Limagne. Même si le mois n'est pas terminé, aucune précipitation n'est prévue au moins jusqu'au 27/28. En outre, nous allons connaître des températures excessivement chaudes pour la saison entre mercredi 25 et jeudi 26. Le rafraîchissement s’amorçant vendredi 27 avec un flux qui va basculer au nord-ouest, apportera davantage d'humidité mais en raison du contexte anticyclonique persistant, les éventuelles précipitations d'ici le week-end risquent d'être inexistantes, limitées ou peu efficaces pour rattraper significativement le retard mensuel.

 

Source des données : Infoclimat, Météo-France, et Météovergne.

 

Ces hypothétiques précipitations vont-elles permettre d'éviter un déficit pluviométrique non-vu depuis des dizaines d'années à Aulnat, voire depuis le début des mesures de pluviométrie avant les années 1950 ? Ce 24/10 on relève seulement 5,4 mm depuis le 1er octobre à l'aéroport d'Aulnat (soit un écart de -89% par rapport à la normale). On peut citer les précédents records d'octobre 1969 avec 5,6 mm cumulés sur le mois ou plus proche de nous, octobre 1997 avec 8 mm.

 

A part pour Aulnat, on ne dispose par encore de séries climatologiques pour les autres stations présentées dans le graphique ci-dessus. En revanche, les moyennes climatiques ci-dessous donnent une idée de ce à quoi on devrait s'attendre pour un mois d'octobre : d'une manière généralisée, en gardant à l'esprit le dégradé classique ouest/est en raison de l'effet de foehn, on peut constater un déficit de précipitations de l'ordre de 60/80% sur les massifs. Quelques disparités locales restent possibles.

 

Cumuls moyens arrondis - Source des données : Météo-France.

 

Ce constat sec ne s'arrête pas là. A l'échelle de l'année, le mois d'octobre est bien parti également pour être le plus sec, comme en témoigne les cumuls mensuels relevés à Laqueuille (930 m), après des mois de mai et juin assez pluvieux.

 

Cumuls mensuels à Laqueuille (930 m) en 2017 - Source des données : Météovergne.

 

Pourquoi une telle situation ? Sans surprise, c'est bien la faute à un contexte anticyclonique persistant faisant barrage au flux d'ouest perturbé, ce dernier étant classique à l'automne. Le graphique ci-dessous permet d'un seul coup d’œil de comprendre cette situation : les pressions sont régulièrement supérieures à 1015/1020 hpa. Après "l'accident" du 19, préalable d'une situation hivernale temporaire sur les crêtes du Sancy le 22/10, la pression remonte nettement, sous l’effet de l’installation d'une puissante dorsale subtropicale qui donnera à nouveau un temps sec et anormalement chaud, alors qu'on avait déjà atteint près de +20 à +24°C à la Bourboule entre le 11 et le 18.

 

Pression réduite au niveau de la mer - Station Météovergne de Laqueuille.

 

Le mois de novembre est statistiquement le mois de l'année le plus arrosé au cœur du massif du Sancy. Les modélisations à long-terme tendent vers un mois prochain dans les normales ou excédentaire en précipitations... A suivre.

Vue à proximité du puy de Sancy le 14 octobre 2017.

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